
La musique, comme l’amour, se vit et ne s’explique pas. L’une et l’autre semblent échapper à toute définition théorique pour n’être compris que de ceux qui ont eu un jour le bonheur de les éprouver. Les lettres d’amour comme les partitions sont bien impuissantes à nous expliquer toute la richesse qu’elles contiennent : peut-on, en effet, communiquer l’expérience de l’amour autrement qu’en aimant, et l’expérience de la musique autrement qu’en en donnant l’écoute ?
Si, par cette nature ineffable, les deux concepts se rejoignent, c’est parce qu’ils s’éclairent réciproquement. Parvenu à la fin de sa vie, Hector Berlioz écrivait dans ses Mémoires : « Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique ?… C’est une grande question. Pourtant, il me semble qu’on devrait dire ceci : l’amour ne peut pas donner une idée de la musique, la musique peut en donner une de l’amour… Pourquoi séparer l’une de l’autre ? Ce sont les deux ailes de l’âme. » Tel est l’essentiel du message que Patrice Fontanarosa nous livre au travers de ces Entretiens avec Julien Bouvet.
Patrice Fontanarosa est un musicien du bonheur. Toutes ses déclarations l’attestent, tous ses actes le prouvent. Mais qu’on ne s’y trompe pas: ce désir de transmettre ce qu’il ressent de fort et de beau n’est pas gratuit. Ce musicien jouit du bonheur qu’il fait naitre chez autrui. Pour lui, la musique est surtout un échange. Sa musique qui est à la fois sensibilité et sensualité, est révélation vers la beauté du monde, exaltation des sentiments, discours amou-reux, amour-passion au service des forces de vie. Deux fois vainqueur des Victoires de la Musique, Patrice Fontanarosa est membre correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaille Vermeil de la ville de Paris, Officier de l’ordre du Mérite et Commandeur des Arts et des Lettres.